[La parole aux membres] Habiter ensemble, renouer avec le collectif - Les chalets

Car bien vieillir chez soi ne repose pas uniquement sur l’adaptation du logement. Le lien social, les espaces de rencontre, la participation des habitants et la présence des équipes de proximité jouent également un rôle essentiel, notamment pour prévenir l’isolement et favoriser la qualité de vie au sein des résidences.

Nous avons échangé avec Sandrine Diaz, Directrice d’activité, Service aux habitants au sein du Groupe des Chalets : comment créer les conditions du lien social ? Comment donner aux habitants une place active dans leur résidence ? Et comment faire du collectif un levier face aux enjeux du vieillissement et de l’isolement ?

Un regard qui fait écho aux ambitions portées par Habitat Senior Services®, mais aussi, plus largement, aux évolutions du rôle des acteurs de l’habitat.

1. Au-delà de sa mission de logement, le bailleur social a-t-il une responsabilité pour favoriser le vivre-ensemble et développer le lien social entre habitants ? 

Oui, le bailleur social a un rôle à jouer dans la promotion du vivre-ensemble et le développement du lien social entre les habitants. C’est d’ailleurs une conviction partagée par de nombreux organismes. C’est pourquoi je préfère parler d’« acteurs de l’habitat » plutôt que de simples acteurs du logement.

Notre mission première reste bien sûr de proposer et de gérer des logements de qualité : assurer le clos et le couvert, l’entretien et la maintenance du patrimoine, accueillir les nouveaux locataires et les accompagner dans leur entrée dans les lieux.

Mais depuis de nombreuses années, notamment au sein du Groupe des Chalets, nous considérons que notre rôle ne s’arrête pas à la porte du logement. Il consiste aussi à prendre en compte l’habitant dans son environnement et, plus largement, dans son cadre de vie. Cela implique de s’intéresser à la qualité de vie au sein des résidences, aux relations qui peuvent se créer entre les habitants, mais aussi aux liens avec le quartier et son environnement. À ce titre, le bailleur peut contribuer à créer les conditions favorables au vivre-ensemble et au développement du lien social.

2. Comment encourager les habitants à devenir acteurs de la vie de leur résidence, plutôt que de simples bénéficiaires de services ? 

Je pense que tout commence par une volonté du bailleur de s’engager en faveur du lien social. Tous les organismes ne portent pas nécessairement cette ambition, mais c’est le choix que nous avons fait au sein du Groupe des Chalets.

Pour nous, l’enjeu est avant tout de favoriser la participation des habitants. Nous privilégions une démarche d’écoute et de co-construction, en partant de leurs besoins plutôt qu’en décidant à leur place de ce qui leur conviendrait. Cela implique aussi de les accompagner pour les aider à exprimer leurs attentes et à devenir acteurs de leur cadre de vie. Cette approche se concrétise notamment dans des projets destinés à des publics ayant des besoins spécifiques, comme les seniors par exemple. Dans nos résidences labellisées Habitat Senior Services Plus®, les salles communes jouent un rôle central. Elles favorisent les rencontres, l’expression des besoins et l’émergence d’initiatives collectives.

Avec l’appui de nos équipes, d’associations partenaires et parfois des habitants eux-mêmes, diverses actions et activités sont mises en place. L’objectif est que chacun puisse contribuer à la vie collective et participer pleinement à la dynamique d’habitat inclusif.

3. Face à la diversité des habitants (générations, origines, situations) et face aux enjeux du vieillissement, de l'isolement ou de la transition écologique, le collectif peut-il devenir un levier pour améliorer la qualité de vie à l’horizon 2032 ?  

Oui, je pense que le collectif est déjà un levier, et même un élément central de notre métier de bailleur social pour améliorer la qualité de vie. Nous intervenons bien sûr à l’échelle du logement individuel, mais aussi dans tout ce qui relève du collectif : les parties communes, le respect du cadre de vie et, plus largement, le vivre-ensemble au sein des résidences.

En tant que propriétaires et gestionnaires sur le long terme, nous avons une responsabilité qui est d’accompagner les relations humaines entre habitants et de contribuer à la cohésion au sein des immeubles et des quartiers. Le collectif est donc un levier essentiel pour répondre à des enjeux comme le vieillissement, l’isolement ou encore la qualité de vie. Les difficultés que l’on observe à l’échelle de la société se retrouvent souvent à celle d’une résidence. C’est pourquoi notre présence sur le terrain nous donne un rôle à jouer pour favoriser les liens entre habitants et soutenir les dynamiques collectives.

Nous n’avons pas une obligation de résultat en la matière, mais nous avons clairement une responsabilité et une obligation de moyens. C’est pleinement inscrit dans notre mission de bailleur social.

4. Comment imaginez-vous une résidence Hlm exemplaire en 2032 ? Quelles évolutions des espaces et des usages permettraient notamment de mieux faire vivre le collectif ? 

Si l’on se projette en 2032, une résidence Hlm exemplaire serait d’abord, selon moi, une résidence qui trouve le bon équilibre entre l’intime et le collectif. Chacun doit pouvoir disposer d’un logement dans lequel il se sente pleinement chez lui, tout en ayant la possibilité, s’il le souhaite, de rencontrer les autres et de participer à la vie de la résidence.

Cela suppose de penser des espaces qui favorisent naturellement les rencontres et les échanges. Il ne s’agit pas nécessairement de créer de grands équipements : un jardin partagé, une salle commune ou des espaces extérieurs conviviaux peuvent déjà constituer de véritables supports de lien social, à condition qu’ils correspondent aux besoins et aux usages des habitants.

Les équipes de proximité du bailleur ont un rôle important à jouer en étant présentes sur le terrain, à l’écoute des habitants et en favorisant les rencontres. Toutefois, l’animation de démarches participatives et le développement du lien social relèvent aussi de compétences spécifiques. C’est pourquoi l’intervention ponctuelle d’un acteur tiers, dont c’est le métier, peut être précieuse pour impulser une dynamique collective. Celle-ci peut ensuite être relayée et entretenue par les équipes du bailleur et par les habitants eux-mêmes.

Finalement, la résidence Hlm exemplaire de 2032 serait moins définie par ses seuls équipements que par les usages qu’elle permet : un logement où chacun se sent chez soi, des espaces collectifs adaptés et ouverts aux initiatives, des équipes de proximité présentes et des habitants qui ont la possibilité de prendre part à la vie de leur résidence.


 

Le Groupe des Chalets a obtenu le Label HSS plus en février 2020 qui a été renouvelé pour la seconde fois en juin 2026 avec la mention "confirmé". 

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