Le projet CASAH vu par ses partenaires

Le projet CASAH vu de l'interieur
Les quatre partenaires livrent leur regard sur le projet CASAH et ses enseignements. Découvrez le regard de :
- Alliade Habitat
- Institut PRESAGE
- Fondation d'entreprise du Crédit Agricole Loire Haute Loire
- DELPHIS
Le projet CASAH vu par Alliade Habitat
Clémence Garcia – Directrice de l'Expérience Client, des Transformations de la Coopération Territoriale
Benjamin Camard Brunet – Responsable innovation et projets transverses
1. Qu’est-ce qui a motivé Alliade Habitat à s’engager dans cette expérimentation ?
Alliade Habitat s’est engagé pour répondre à un enjeu démographique (28% de notre parc est constitué de locataires de plus de 60 ans) et règlementaire. Face à l’enjeu du maintien à domicile, nos résidences présentaient des axes d’amélioration techniques : salles de bain non adaptées, éclairage défaillant dans les parties communes, isolation thermique/phonique médiocre. La loi Climat & Résilience (2021) nous a imposé de prioriser la rénovation des logements classés F et G pour éviter leur interdiction en 2028.
CASAH nous a permis de tester des solutions innovantes en amont de la réhabilitation programmée. Notre ambition : prouver qu’en combinant notre expertise patrimoniale avec celle de DELPHIS (méthodologie) et de l’Institut Présage (santé), nous pouvons améliorer concrètement l’autonomie et la qualité de vie des seniors.
2. Comment avez-vous accompagné les locataires tout au long du projet ?
Nous avons associé les locataires à chaque étape en collaboration avec l’Institut Présage :
- En phase de diagnostic, nous avons soumis un questionnaire et mené 11 entretiens semi-directifs pour identifier leurs besoins et des problématiques de santé en lien avec leur logement, telles que les douleurs liées aux baignoires, le stress dû au bruit... 5 résidents ont été identifiés comme prioritaires.
- Pendant les travaux, un showroom a été installé en pied d’immeuble avec des modèles de salles de bain (avant/après), des plans détaillés et un choix des couleurs (matériaux, espaces modulaires). Une attention particulière a été apportée à la coordination des interventions pour limiter les nuisances. Les start-ups sélectionnées pour déployer leurs solutions étaient également présentes sur le chantier pour expliquer les travaux.
- Enfin, le gardien a eu un rôle clé. Tout au long du projet, il a assuré une médiation renforcée (sécurité, communication), et a apporté une réassurance auprès des locataires pendant les nuisances. Ce poste d’interlocuteur privilégié, inspiré du label Habitat Seniors Services® (HSS®), a amélioré l’acceptabilité des travaux.
3. En quelques mots : que retenez-vous du projet CASAH ?
Nous en retirons 3 enseignements majeurs :
- Des résultats tangibles : l'évaluation de fin de projet a mis en lumière une amélioration de la santé perçue des locataires, et les douches adaptées et le gardien référent senior ont été plébiscités. Les aménagements extérieurs (jardin partagé, cheminements sécurisés) ont également valorisé l’image de la résidence.
- Méthode à reproduire : le projet a montré l’efficacité d’une approche pluri-partenariale et de la centration sur les habitants (écoute, confiance)
- Des axes d’amélioration : il apparaît essentiel de clarifier le périmètre dès le lancement, d’anticiper le financement des services (une des solutions envisagées n’a pas fonctionné, faute de modèle économique), et impliquer plus tôt les collectivités locales.
CASAH ouvre la voie à une approche systémique de l’adaptation au vieillissement, associant habitat, santé et dimension sociale.
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Le projet CASAH vu par L’institut PRESAGE
Jessica Guyot, Coordinatrice de l'Institut PRESAGE
1. Pourquoi vous êtes-vous engagé dans le projet CASAH ?
Nous nous sommes engagés dans le projet CASAH car nous étions intéressés par la possibilité de travailler sur la question de l’habitat avec une approche globale de la santé. Aujourd’hui, les travaux en santé publique montrent que les interventions portant sur les déterminants environnementaux et sociaux de la santé sont parmi les plus efficaces pour améliorer durablement la santé et réduire les inégalités sociales de santé. L’habitat constitue à ce titre un levier majeur d’action.
Le projet représentait également une opportunité de développer des collaborations avec de nouveaux partenaires issus de champs différents. Cette dimension collaborative était particulièrement importante pour nous, car elle s’inscrit dans les approches partenariales et de co-construction que nous cherchons à développer au sein de l’Institut PRESAGE, notamment autour des liens entre recherche, acteurs de terrain et société civile.
2. Quel regard portez-vous sur la dimension pluridisciplinaire et partenariale de cette expérimentation ?
Pour nous, l’une des principales innovations du projet CASAH réside précisément dans sa dimension pluridisciplinaire et partenariale. Les partenaires impliqués n’avaient jamais travaillé ensemble auparavant et provenaient d’univers institutionnels très différents : milieu académique universitaire, secteur associatif spécialisé dans les services liés au logement des seniors, bailleur social et fondation d’utilité publique. Il a donc fallu construire progressivement des modes de communication, de coopération et d’organisation compatibles avec les contraintes et les cultures professionnelles de chacun.
3. En quelques mots : que retenez-vous du projet CASAH ?
Nous retenons avant tout une dynamique collaborative prometteuse entre des partenaires aux profils très différents mais complémentaires. Le projet a montré qu’il était possible de construire collectivement des réponses adaptées aux enjeux du vieillissement en santé dans le logement social.
Nous retenons également la capacité du projet à s’adapter aux contextes locaux et à faire émerger des solutions concrètes à partir des besoins des habitants et des acteurs de terrain.
Enfin, nous voyons dans CASAH des perspectives particulièrement intéressantes pour l’avenir, notamment en renforçant encore l’implication des parties prenantes locales (collectivités, acteurs de proximité, associations) mais aussi celle des habitants eux-mêmes. Cette ouverture pourrait permettre de consolider davantage l’ancrage territorial du projet et de favoriser le développement de solutions durables, coconstruites et adaptées aux réalités vécues par les résidents.
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Le projet CASAH vu par la Fondation d’entreprise du Crédit Agricole Loire Haute Loire
Frédéric Gravier - Responsable du secrétariat général, mutualisme et RSE.
1. Pourquoi était-il important, pour la Fondation, d’accompagner une démarche expérimentale comme CASAH ?
Le projet CASAH répond pleinement à la vocation de la Fondation : soutenir des initiatives innovantes, utiles et reproductibles au service du territoire. Face au vieillissement de la population et au souhait massif de vieillir à domicile, il était essentiel d’accompagner une démarche qui propose une approche globale, associant habitat, santé et lien social.
Ce qui a particulièrement retenu notre attention, c’est la capacité du projet à décloisonner les approches, en réunissant des acteurs complémentaires autour d’un objectif commun : améliorer concrètement la qualité de vie des aînés.
En soutenant CASAH, la Fondation a fait le choix d’un projet expérimental mais structurant, capable de produire des enseignements utiles pour l’ensemble des acteurs du logement social et des politiques de bien vieillir.
2. Quels enseignements tirez-vous du projet CASAH pour de futures initiatives soutenues par la Fondation ?
Le projet CASAH confirme l’importance de soutenir des démarches reposant sur l’expérimentation, l’évaluation et la co-construction avec les bénéficiaires. Il met en évidence que les solutions les plus pertinentes sont celles qui articulent plusieurs dimensions simultanément : adaptation du logement, prévention en santé, accompagnement social et maintien du lien collectif.
Un autre enseignement clé réside dans la nécessité de structurer dès l’origine les projets autour d’une logique de capitalisation et de diffusion, afin de permettre leur réplicabilité à plus grande échelle.
Enfin, CASAH illustre la valeur des projets partenariaux, capables de mobiliser des expertises complémentaires. C’est dans cette capacité à croiser les regards et les compétences que réside une grande partie de l’innovation que la Fondation souhaite continuer à encourager.
3. En quelques mots : que retenez-vous du projet CASAH ?
CASAH démontre qu’il est possible d’apporter des réponses concrètes et innovantes au défi du vieillissement dans le logement social. Nous retenons avant tout une démarche structurée, collaborative et utile, centrée sur les besoins réels des habitants. Le projet a su combiner expérimentation de terrain, évaluation rigoureuse et production d’un livre blanc, permettant de transformer une initiative locale en ressource pour l’ensemble des acteurs.
Au-delà des réalisations, CASAH apporte une conviction forte : le bien vieillir à domicile suppose une approche globale, décloisonnée, et ancrée dans les territoires.
C’est précisément ce type de projet, à la fois concret et inspirant, que la Fondation du Crédit Agricole Loire Haute Loire souhaite accompagner dans la durée.
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Le projet CASAH vu par l'association DELPHIS
Laure Bourgoin, Responsable des projets transverses
1. Qu’a apporté le projet CASAH en matière d’innovation sociale et d’expérimentation dans le logement social ?
Le projet CASAH a introduit une vision globale et novatrice du vieillissement dans le logement social, en intégrant à la fois les dimensions d'habitat, de santé, de lien social et d'environnement.
Il a permis de tester, en situations réelles, des solutions concrètes adaptées aux besoins des seniors. Cette démarche s'appuie sur une logique à la fois préventive et participative, qui va au-delà de la simple adaptation des logements pour agir plus largement sur l'autonomie et la qualité de vie.
Enfin, le projet a généré des résultats concrets, mesurés et transférables, ouvrant la voie à de nouvelles initiatives dans le secteur du logement social.
2. Quels bénéfices DELPHIS tire‑t‑elle de ses échanges avec ses partenaires ?
Les échanges avec les partenaires permettent à DELPHIS de croiser les expertises et d'enrichir ses démarches d'innovation. Cette dynamique collaborative contribue également à produire des enseignements structurés et partageables (retours d'expérience, publications), utiles à l'ensemble du secteur.
3. En quelques mots : que retenez-vous du projet CASAH ?
CASAH est une démarche collective et expérimentale au service du bien vieillir. Ce projet illustre la manière dont le logement social peut devenir un véritable levier de santé, d'autonomie et de lien social, grâce à des solutions concrètes coconstruites et testées sur le terrain.
L’expérimentation a également mis en lumière un enjeu majeur : la difficulté de financer durablement les solutions de maintien à domicile au-delà des seules adaptations techniques des logements. Les services favorisant le bien vieillir — accompagnement, prévention, lien social ou soutien de proximité — restent complexes à financer, à la fois pour les bailleurs sociaux et pour des publics aux revenus souvent modestes. Dans ce contexte, le développement de coopérations locales, notamment avec les collectivités territoriales, apparaît indispensable. L’expérience CASAH montre toutefois que cette articulation demeure un point de vigilance important pour la réussite et la pérennisation de projets similaires.
Riche d’enseignements, CASAH ouvre ainsi des perspectives concrètes et reproductibles pour accompagner le vieillissement dans les territoires et inspirer de nouvelles initiatives en faveur du bien vieillir chez soi.
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DELPHIS réunit plus de 70 organismes de logement social, implantés dans 12 régions métropolitaines et un département outre-mer. 
