
Les membres du projet européen AFTER (Cost Optimum and Standards Solutions for Maintenance and Management of the Social Housing Stock) coordonné par DELPHIS se sont réunis à Ljubljana les 22 et 23 novembre 2011.
Lancé en mai 2011 pour une durée de trois ans et un budget de 2,5M d’euros financé à 75 % par la Commission Européenne, le projet AFTER regroupe des bailleurs sociaux issus de six pays (Allemagne, Danemark, France, Italie, République Tchèque et Slovénie) et se donne pour objectif de promouvoir et développer les stratégies d’économies d’énergie au sein du parc social européen en se focalisant sur les aspects de gestion et de maintenance de l’habitat.
Encadré par un comité scientifique ainsi que par différentes associations nationales de bailleurs et de représentant des locataires, le projet vise à collecter, évaluer et améliorer un ensemble de mesures de performance énergétique expérimentées au cours des cinq dernières années dans l’ensemble des pays participants.
Gestion et maintenance : parents pauvres des politiques de performance énergétique des bâtiments ?
AFTER aborde la question de l’efficacité énergétique dans le logement social sous une nouvelle focale, en réaffirmant l’importance des postes de gestion et de maintenance dans la qualité générale des économies d’énergie réalisées par le secteur.
Si les bailleurs sociaux ont souvent joué un rôle pionnier au cours des dernières années dans l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments d’habitation, Leur action s’est cependant bien souvent concentrée principalement sur le neuf et la construction de bâtiments à basse consommation voire passifs ou sur des rénovations énergétiques lourdes.
Si la valeur d’exemplarité de la démarche est difficilement critiquable, il convient néanmoins de s’interroger sur son efficacité notamment au regard des objectifs 20/20/20 posés proposés par la Commission européenne. Trois questions méritent à ce titre d’être soulevées :
- Au-delà des blower tests qui garantissent l’étanchéité du bâtiment, a-t-on suffisamment de recul dans le temps pour être surs de la performance énergétique réelle des bâtiments BBC ou passifs livrés récemment ? La technicité et la sophistication énergétiques du bâtiment et de ses réseaux ne sauraient constituer une garantie mécanique. La question de leur entretien par les bailleurs mais également de leur utilisation par les usagers (dont l’impact est souvent associé à une efficacité de 10 à 30 % de la dépense énergétique réelle) s’avérant ici cruciale.
- Avec un nombre de réhabilitation dites lourdes par an se hissant péniblement à la hauteur de 1 % à 2 % du parc existant, les investissements engagés sont mathématiquement insuffisants.
- De plus, la production nouvelle ne serait susceptible de concourir à la baisse de la consommation énergétique que si cette production nouvelle venait en remplacement d’une offre existante. Mise à part les politiques engagées dans le cadre de l’ANRU, tel n’est généralement pas le cas.
Conscient de ces carences, et face à une contraction à venir de la production neuve résultante directe de la crise, il convient désormais de miser sur d’autres leviers de récupération et de maîtrise des dépenses énergétiques.
Impactant à 100 % le parc social, les questions de gestion d’exploitation et de maintenance possède un double atout : proposer des solutions directes et de court terme pour l’ensemble des logements dans le neuf et l’ancien, inscrire dans le temps et pérenniser les investissements en matière d’économies d’énergie.
AFTER s’intéresse de ce fait, comme son nom laisse l’entendre, à l’« après » investissement.
En valorisant l’importance de la gestion et de la maintenance avec la mise en œuvre de solutions simples en réponse aux attentes collectives en matière d’économies d’énergie, le projet promeut la volonté de réduire à très court terme la consommation énergétique de 3 à 7,5 % sur l’ensemble des bâtiments des bailleurs engagés dans le projet.
De la boîte à outils européenne à AFTER France ®
AFTER fonctionne sur le système simple d’une boîte à outils commune.
Chaque bailleur national fait valoir un certain nombre de mesures d’énergie innovantes avalisées par un comité scientifique et dont l’efficacité sera chiffrée et évaluée sur un ensemble de sites pilotes.
Ces grandes typologies d’innovations recoupent aussi bien la gestion opérationnelle (accords contractuels avec les fournisseurs de chauffage ou les locataires…), la maintenance courante (maintenance des chaudières, changements des thermostats, nettoyages des conduits…), que le remplacement général des systèmes de ventilation, de chauffage central et d’eau chaude.
L’évaluation de chaque innovation est renseignée et effectuée selon un triple critère d’efficacité énergétique, d’efficacité économique et de responsabilisation des locataires. L’idée est encore une fois de mettre en œuvre et d’évaluer des réponses simples à fort taux de rendement interne.
En matière de gestion de l’exploitation les innovations pourront par exemple, couvrir une gamme étendue de mesures, s’étendant de la passation de contrat de performance énergétique avec les fournisseurs jusqu’à des campagnes de communication ciblées auprès des locataires occupant des parties énergétiquement dégradées du parc.

Le Toit Angevin participe directement aux travaux d’AFTER et à la sélection de mesures d’économies d’énergie expérimentées sur son parc. Comment, au-delà de cet engagement, se servir du projet européen comme d’un tremplin pour affirmer l’activité pionnière de l’ensemble des entreprises de DELPHIS en la matière ?
Mis en œuvre et approuvé au niveau européen, AFTER se doit d’être mis à profit par l’ensemble des membres de DELPHIS.
La version française d’AFTER constituera en ce sens un extraordinaire outil de capitalisation des connaissances en matière d’économies d’énergie pour les ESH adhérentes au réseau.
Base de données et de retours d’expérience au profit des services, AFTER France marque la volonté des sociétés membres de DELPHIS de réaffirmer leur leadership en matière de performance énergétique dans leur secteur professionnel.







